Vous êtes propriétaire d’un appartement inoccupé depuis plus d’un an ? Selon la commune où se situe ce logement vacant, vous pourriez recevoir un avis d’imposition que vous n’aviez pas anticipé. La taxe sur les logements vacants ne concerne pas tout le monde, mais le périmètre des communes visées s’est considérablement élargi ces dernières années, et une réforme majeure se profile pour 2027.
Zones tendues et taxe sur les logements vacants : le mécanisme qui déclenche l’imposition
Le principe est simple : si votre logement est vide, non meublé et inoccupé depuis au moins un an au 1er janvier de l’année d’imposition, il peut être taxé. Mais tout dépend de la localisation.
La taxe sur les logements vacants (TLV) s’applique de plein droit dans les communes situées en zone tendue. Ces zones correspondent à des agglomérations de plus de 50 000 habitants où la demande de logements dépasse nettement l’offre disponible. La liste de ces communes est fixée par décret.
En dehors de ces zones tendues, une commune peut choisir d’appliquer la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV). Cette taxe est facultative : elle dépend d’une délibération du conseil municipal ou de l’EPCI (établissement public de coopération intercommunale). Si votre commune n’a pas voté cette délibération, aucune taxe ne s’applique sur votre logement vacant.
Concrètement, la différence entre les deux tient à trois points :
- La TLV est perçue par l’État et s’applique automatiquement dans les communes listées par décret, dès un an de vacance.
- La THLV est perçue par la commune ou l’EPCI, et ne s’applique qu’après deux années de vacance, sur délibération locale.
- Le taux de la TLV est fixé par la loi : 17 % la première année d’imposition, puis 34 % à partir de la deuxième année. Le taux de la THLV correspond à celui de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires de la commune.

Communes concernées par la TLV : comment vérifier si votre ville est dans la liste
La liste des communes soumises à la TLV a été mise à jour par un décret publié en 2023, qui a élargi le périmètre à de nombreuses agglomérations. Avant cette date, seules quelques grandes métropoles étaient concernées. Depuis, plusieurs centaines de communes supplémentaires sont entrées dans le dispositif.
Pour savoir si votre commune figure dans cette liste, le moyen le plus fiable reste le simulateur proposé par service-public.fr, qui permet de vérifier en quelques secondes si la TLV s’applique à une adresse donnée.
Les propriétaires qui découvrent cette taxe sont souvent ceux qui ont hérité d’un bien ou qui détiennent un logement en attente de travaux. Le fait que le logement nécessite des rénovations ne suffit pas automatiquement à obtenir une exonération. L’administration fiscale considère qu’un logement est vacant dès lors qu’il n’est ni occupé ni proposé à la location, sauf cas précis d’inhabitabilité.
Fusion TLV et THLV en 2027 : ce que la nouvelle taxe TVLH change pour les propriétaires
L’article 108 de la loi de finances pour 2026 a acté la disparition des deux taxes actuelles. À compter des impositions établies au titre de 2027, la TLV et la THLV seront remplacées par une taxe unique sur la vacance des locaux d’habitation (TVLH), codifiée à l’article 1406 bis du CGI.
Ce changement n’est pas qu’un renommage administratif. Deux modifications majeures méritent votre attention.
La taxe passe au bloc communal
Jusqu’ici, la TLV était un impôt d’État. Avec la TVLH, le produit de la taxe sera affecté aux communes et aux EPCI. Ce transfert donne aux collectivités locales un intérêt financier direct à identifier et taxer les logements vacants sur leur territoire.
Deux régimes selon le zonage de la commune
La TVLH conserve une distinction entre communes situées en zone tendue et les autres. En zone tendue, la taxe s’appliquera de plein droit, sans besoin de délibération. En dehors de ces zones, les communes devront voter une délibération avant le 1er octobre 2026 pour que la TVLH s’applique sur leur territoire dès 2027.
Vous possédez un logement vacant dans une commune rurale qui n’appliquait pas la THLV ? Vérifiez si votre conseil municipal a délibéré récemment. Ce point est facile à manquer, et la taxe pourrait vous concerner pour la première fois en 2027.
Logements exonérés de taxe sur la vacance : les cas qui tiennent et ceux qui ne tiennent pas
Les exonérations existent, mais elles sont plus étroites qu’on ne le pense. Un logement peut échapper à la taxation dans quelques situations précises :
- Le logement est vacant indépendamment de la volonté du propriétaire (par exemple, mis en vente ou en location au prix du marché sans trouver preneur malgré des démarches actives).
- Le logement nécessite des travaux importants pour être habitable, et le montant de ces travaux dépasse une part significative de sa valeur.
- Le logement est occupé plus de 90 jours consécutifs dans l’année.
Laisser un logement vide « en attendant de décider » ne constitue pas un motif d’exonération. L’administration attend des preuves concrètes : mandats de gestion, annonces publiées, devis de travaux, attestations d’inhabitabilité.
Pour les biens hérités, la situation est particulièrement piégeuse. Une succession bloquée peut laisser un logement vacant pendant plusieurs années. La taxe court malgré tout, sauf à démontrer que la vacance résulte de circonstances indépendantes de la volonté des héritiers.

Propriétaires en zone à risque : les réflexes à adopter avant 2027
La bascule vers la TVLH va rendre le sujet plus visible pour les communes, qui auront désormais un retour financier direct sur la taxation des logements vacants. Les propriétaires qui laissent un bien inoccupé sans stratégie claire (ni vente, ni location, ni travaux engagés) s’exposent à une taxation croissante.
Si vous détenez un logement vacant, trois vérifications sont à faire dès maintenant : confirmer si votre commune est en zone tendue via le simulateur officiel, consulter les délibérations récentes de votre conseil municipal, et rassembler les justificatifs qui pourraient fonder une demande d’exonération.
La réforme de 2027 ne crée pas un nouvel impôt en soi. Elle simplifie le dispositif existant tout en élargissant le nombre de collectivités qui auront intérêt à l’appliquer. Pour un propriétaire, la conséquence est directe : les communes qui ne taxaient pas la vacance pourraient commencer au faire.

