Dégrèvement taxe foncière : bénéficiaires et conditions à connaître

Certains propriétaires n’ont jamais payé la même taxe foncière deux années de suite. Selon leur âge, leur situation ou leur handicap, des dispositifs spécifiques allègent, parfois annulent, la note. Mais pour profiter de ces coups de pouce, il faut répondre à des critères précis, souvent méconnus du grand public.

Ignorer une formalité ou négliger un justificatif, et l’avantage fiscal s’évapore. Les démarches exigent méthode et rigueur : les autorités fiscales attendent des preuves, et les délais ne pardonnent pas les oublis.

Dégrèvement de taxe foncière : qui peut en bénéficier aujourd’hui ?

Dans les faits, la réduction ou la suppression de la taxe foncière ne concerne qu’une catégorie bien identifiée de propriétaires. Le code général des impôts trace des frontières nettes : tous ne sont pas logés à la même enseigne.

Les premiers à pouvoir prétendre à une exonération restent les bénéficiaires de l’allocation adultes handicapés (AAH), de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ou de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI). Ces droits, accordés sous conditions de ressources, ouvrent la voie à une exonération totale tant que le revenu fiscal de référence (RFR) n’excède pas un certain seuil, révisé chaque année.

Du côté des seniors, la mesure profite aussi aux plus de 75 ans, pour leur résidence principale uniquement et si le RFR demeure sous cette fameuse limite. Veufs, veuves et invalides reconnus à 80 % peuvent, eux aussi, prétendre à allègement selon leur situation.

Tous les ans, la Direction générale des finances publiques affine les critères, adapte les seuils, mais le principe ne change pas : dès lors qu’un propriétaire est redevable de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), il sort du champ de ces allègements, peu importe sa situation.

Voici un récapitulatif des profils concernés ou non par ces dégrèvements :

  • Bénéficiaires de dégrèvement taxe foncière : personnes percevant l’AAH, l’Aspa, l’ASI, invalides, veufs ou veuves, et toutes celles de plus de 75 ans sous conditions de ressources
  • Non éligibles : détenteurs de l’IFI, propriétaires avec un RFR supérieur au plafond fixé

L’environnement fiscal local varie en permanence. Ne rien négliger lors d’un changement de situation ou à chaque nouvelle année permet de maintenir ou de récupérer son droit à une exonération.

Panorama des principales exonérations et allègements existants

La taxe foncière se décline à travers une mosaïque de règlements. Plusieurs dispositifs allègent la facture en fonction du type de bien, des travaux engagés ou du profil du propriétaire.

Des mesures s’appliquent à la résidence principale. Par exemple, une construction neuve ou une extension importante peut offrir une exonération temporaire de deux ans sur la taxe foncière. Cette mesure vise à favoriser la production de logements neufs et peut aussi bénéficier, à la discrétion des communes, aux réalisations affichant de hautes performances énergétiques.

Des exonérations ciblées existent également en faveur des propriétaires qui misent sur la rénovation énergétique. Selon le montant investi et l’étendue des rénovations, un allégement partiel ou total est envisageable. Les modalités dépendent d’une commune à l’autre : mieux vaut consulter les services fiscaux locaux pour découvrir les règles applicables et maximiser les aides à la transition énergétique.

Dans certains cas, la reconversion d’un logement vacant en habitation principale permet d’accéder, sous conditions, à un allègement temporaire. Les bailleurs ayant conventionné avec l’Anah peuvent eux aussi bénéficier de réductions spécifiques.

Pour y voir plus clair, voici les dispositifs majeurs :

  • Exonération temporaire : attribuée lors de constructions ou rénovations de grande ampleur
  • Exonération partielle : octroyée après certains travaux énergétiques ou conventionnement
  • Allègement : lié à la transformation de logements vacants ou à des politiques locales particulières

La règle reste la même : lisez attentivement votre avis d’imposition, questionnez la mairie si nécessaire, et consultez chaque année les dispositifs actifs dans votre secteur.

Quelles conditions faut-il remplir pour être éligible ?

L’accès à un dégrèvement de taxe foncière n’est jamais automatique. Avant toute chose, l’administration s’assure que le bien est utilisé comme résidence principale au 1er janvier. Ce point élimine d’entrée de jeu résidences secondaires et locaux professionnels.

Le revenu fiscal de référence (RFR) joue ensuite le rôle de filtre. Un seuil, variable selon la composition du foyer, détermine l’accès au dispositif. Pour la taxe foncière 2023, il fallait, par exemple, rester sous 11 885 € pour une personne seule, 18 233 € pour un couple, en ajoutant 3 174 € par demi-part supplémentaire. Ce contrôle s’effectue d’après les revenus de l’année N-2 (en 2023, les revenus de 2021).

  • Le logement visé est la résidence principale le 1er janvier
  • Le RFR n’excède pas le plafond officiel
  • Aucune imposition à l’IFI au titre de l’année considérée

La situation du foyer fait la différence. Les bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, de l’AAH ou de l’ASI peuvent se voir accorder une exonération s’ils restent sous la limite de revenu. Tout est réglé par les articles ad hoc du code général des impôts (CGI), et le centre des finances publiques demande des justificatifs actualisés chaque année.

Femme âgée tenant une lettre de taxe sur son balcon urbain

Les démarches à suivre pour demander un dégrèvement en toute simplicité

Tout commence avec la réception de votre avis d’imposition à la taxe foncière. Ce document en main, il s’agit de solliciter le centre des finances publiques dont dépend le logement par courrier postal ou en déposant une demande via son espace personnel en ligne.

Il ne suffit pas d’envoyer une simple lettre : il faut joindre une copie de l’avis d’imposition sur le revenu, prouver son domicile, fournir toute attestation nécessaire (AAH, ASI, etc.). Un dossier incomplet risque de tout bloquer.

Pour ne rien manquer, voici comment organiser la procédure :

  • Remplir le formulaire de demande de dégrèvement (formulaire 1206-GD, téléchargeable en ligne)
  • Joindre les justificatifs demandés avant de transmettre l’ensemble au service fiscal compétent
  • Surveiller régulièrement sa messagerie personnelle en ligne afin de répondre rapidement si l’administration réclame une pièce supplémentaire

La réponse peut arriver en quelques semaines ou nécessiter jusqu’à deux mois selon la période de l’année. Si elle est acceptée, la taxe réajustée apparaîtra sur l’avis d’imposition ou sera remboursée. Il reste possible de déposer sa demande à tout moment, surtout en cas de changement de situation, sans attendre la prochaine campagne de déclaration.

Pour qui reste attentif à ses droits et prépare ses démarches avec méthode, la perspective d’une taxation adoucie n’est pas hors de portée. Une attention méticuleuse aux justificatifs et une veille régulière sur les règles locales font toute la différence : alléger la facture n’a rien d’un coup de chance, c’est une affaire de vigilance et de préparation.

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